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Tony Amorelli

Tony Amorelli

13 février 2017

06 Cryogénisation

J’arrivais trop tard, le Docteur Lamier était enfin face à moi mais en suspension dans une cuve transparente remplie de liquide bleu, de « l’amrit ». Il était là pour un certain temps et il était bien évidemment hors de question de le sortir de là pour qu’il me donne des précisions sur la malle. Il avait « accompli sa mission » et voulait se réveiller plus tard pour constater les conséquences de ses actes sur le long terme… Ses plus proches collaborateurs avaient demandé eux aussi à être « congelés »…

On assiste actuellement à une recrudescence importante du nombre de personnes qui se font cryogéniser. Certaines en phase terminale en attendant l’arrivée d’un remède, d’autres qui ne veulent pas vieillir et qui espèrent que les futures avancées technologiques inverseront le processus ou encore d’autres qui voudraient simplement faire un bon dans le futur. L’astronautique s’intéresse également de très près à ce procédé qui permettrait d’élargir l’horizon des explorateurs interplanétaires.

Les instituts de conservation (encore illégaux dans de nombreux pays) demandent des sommes astronomiques pour une cryogénisation mais aucun ne fournit de garanties. Certains cobayes optent pour une conservation de tout le corps, d’autres choisissent de ne garder que leur tête (démarche un peu moins coûteuse).

Si la réanimation de tissus, d’organes, d’embryons et de petits animaux atteint un taux de réussite très satisfaisant, malheureusement, lorsqu’il s’agit d’êtres humains, de nombreux échecs sont à prévoir…

S’inspirant du phénomène de l’hibernation chez les animaux qui permet de mettre l’organisme au repos pendant des périodes difficiles, des chercheurs ont mis au point une technique prometteuse qui consiste à opérer sur un individu encore en vie.

Le corps est refroidi et sous supports cardiologiques et respiratoires, on y injecte un puissant anticoagulant . Ensuite on passe à la cryogénisation en elle même en injectant des agents conservateurs qui provoquent une vitrification et non une cristallisation des cellules (qui occasionne beaucoup trop de dégâts). Tout l’organisme entre dans une phase d’hibernation au cours de laquelle il est dans un état proche de la mort. L’activité vitale est très ralentie.

Il n’existe encore aucun moyen de savoir si ces « gros dormeurs » pourront sortir de ce sommeil profond sans séquelles… Les dégâts causés par le manque d’oxygène pourraient en partie être réparés notamment par l’utilisation de nanoparticules mais assistera-t-on réellement à un réveil ? Et si c’était le cas, quand serions-nous réveillés, par qui, pourquoi et que ferait-on de nous ?

Plusieurs sociétés s’enrichissent en plaçant des corps dans de jolis congélateurs devant lesquels les familles viennent se recueillir. Et mêmes s’ils sont de plus en plus nombreux, la majorité des chercheurs travaillant dans ce domaine n’y croit probablement pas vraiment…