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Tony Amorelli

Tony Amorelli

6 mars 2017

12 Surveillance

Les caméras de surveillance se multiplient ; les cartes de fidélité censées nous récompenser sont là pour fournir de précieuses informations à des statisticiens afin de nous proposer de la pub et des produits qui correspondent au mieux à nos besoins ; l’argent liquide disparaît petit à petit pour pouvoir tracer tous les échanges…

La liste ne cesse de s’étoffer et depuis l’arrivée d’Internet, la collecte d’informations à notre sujet ne fait que prendre  de l’ampleur. Tout est enregistré et analysé : emails, réseaux sociaux, historique de navigation, stockage de documents en ligne, identification de photos…

Le téléphone portable, conçu à la base pour téléphoner, est devenu un véritable mouchard et pourtant, le simple fait de ne pas l’avoir à portée de main peut aller jusqu’à provoquer de l’angoisse. Nous sommes géolocalisables en permanence, le micro et la caméra peuvent être activés à notre insu et nombreux sont ceux qui y stockent volontairement tout un tas d’informations : de la plus utile comme le groupe sanguin au journal de tout ce qu’ils font, pour générer des bases de données et des diagrammes qui les représentent afin d’optimiser leur fonctionnement.

Certains se méfient, la plupart s’en fichent et au final personne ne change ses habitudes. Impossible d’utiliser un service sans accepter les conditions d’utilisation de plus en plus invasives et que personne ne prend la peine de lire. « Il ne faut pas voir le mal partout et si c’était si dangereux ça ne serait pas permis ».

Lorsque l’on sait que des dirigeants de réseaux sociaux, créateurs de logiciels, de moteurs de recherche… mettent du scotch sur la webcam et le micro de leur ordinateur personnel et refusent que leurs enfants fréquentent des écoles dans lesquelles on utilise des tablettes, c’est assez interpellant.

Petit à petit, les puces électroniques sous-cutanées remplacent les badges d’identification et facilitent le pointage. Dans un avenir proche, on pourrait y inscrire le dossier médical et tout un tas d’informations « utiles ». Pour contrer les réfractaires et éviter les fraudes, grâce à l’évolution de la biométrie, l’identification devrait rapidement se dématérialiser : analyses morphologiques, réseaux veineux, empruntes vocales…

De nouveaux moyens de surveillance font leur apparition dans les lieux publics pour, par exemple, surveiller la fréquence cardiaque ou la température corporelle afin déceler une agitation anormale ou un risque épidémique. Dans certains aéroports, on teste des logiciels de reconnaissance faciale liés à des bases de données contenant des informations achetées à des réseaux sociaux.

Bientôt, à tous les coins de rue, les commerces, les bâtiments, on pourra ainsi être scanné pour « notre sécurité et notre confort ». Les portes se déverrouilleront, on pourra recevoir des notifications à proximité d’un vieil ami, un partenaire potentiel, une boutique qui pourrait nous intéresser… Certains lieux voire certaines villes où pays ne seront accessibles que par des personnes identifiables.

On remarque que la notion de vie privée disparaît au fur et à mesure que les technologies évoluent. Cela laisse évidemment de plus en plus de libertés aux concepteurs de logiciels qui travaillent sur des applications qui dépassent de loin notre seuil d’acceptation… actuel. S’il y a 30 ans on nous avait dit qu’un jour, l’évènement le plus futile, « drôle » ou embarrassant de notre vie pourrait, en quelques instants, devenir potentiellement visible par la quasi-totalité de l’humanité et qu’il serait impossible de le supprimer ou d’empêcher sa propagation, quelle aurait été notre réaction ?